Migration : l’Europe face à la crise de solidarité

Image Description
Immigration clandestine
Une embarcation de migrants au large de l'Italie

S’il est une chose, non moins importante, qui saute aux yeux dans la gestion des migrants qui quittent l’Afrique dans des embarcations de fortune à la recherche de l’Eldorado, c’est le manque de solidarité des pays européens face à cette crise et la preuve de l’échec d’une solution commune pour la résoudre.

La crise migratoire a été encore au cœur des élections européennes de 2019 soulevant de grandes discussions et des incompréhensions parmi les candidats. Puisque à ce jour, les dirigeants européens n’ont pas réussi à trouver une solution commune à la gestion des migrants qui tentent de traverser la méditerranée. 2263 parmi eux sont morts ou portés disparus l’an dernier selon le Haut Commissariat de l’ONU aux réfugiés (UNHCR).

Le chiffre est alarmant. De la France d’Emmanuel Macron à l’Allemagne d’Angela Merkel, nombre de leaders politiques européens sont unanimes qu’il s’agit d’un drame et craignent une situation chaotique. Mais, ils ne s’entendent pourtant pas sur la mesure à prendre. Leur manque de solidarité et d’efficacité s’est encore révélé le 19 mai dernier, lorsque la justice italienne avait ordonné la saisie du bateau humanitaire Sea Watch 3 qui devrait permettre à près de 47 migrants à bord de débarquer.

Le deuxième cas en ce début 2019 s’est illustré quand deux navires humanitaires en provenance d’Allemagne, après des interdictions, se sont vus accorder l’autorisation de s’abriter dans les eaux maltaises.

Et bien avant cet épisode, en 2018,  un autre navire d’une ONG allemande, le Juventa, qui aidait les migrants a été saisie par la Cour de Cassation italienne « dans le cadre d'une enquête ouverte en octobre 2016 en Sicile après les dénonciations de deux agents de sécurité engagés sur un autre navire humanitaire ».

Ces navires humanitaires sont souvent jugés illégaux par les Etats qui leur refusent l’autorisation de s’accoster dans leurs eaux. Non seulement ces refus relèvent de l’incapacité des pays européens à faire face au problème de l’immigration, mais plus encore, elles témoignent, à en croire Emmanuel, d’ « une forme de cynisme et d’irresponsabilité ».

L’Union européenne s’est toujours montrée préoccuper par la question et devrait lors d’un sommet à Bruxelles les 28 et 29 mai se pencher encore sur la question après le vote dans un contexte où la crise migratoire devient de plus en plus délicate.

Depuis bientôt trois ans, les sept textes relatifs à l’immigration et présentés par la Commission européenne sont rangés dans les placards  à défaut d’un consensus entre les chefs d’Etat et de gouvernements européens. Entre la France et l’Italie, les relations diplomatiques ont viré à une véritable passe d’armes, tant la question de l’immigration divise.

Kossi Elom Balao

 

 



AfricaWeb is an independent journalism company dedicated to in-depth reporting and high-quality investigative about the issues that matter most to Africans.

Sur le meme sujet